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Les sorties du mois de Septembre


Lucass P – Submode - Molekul - (09.09.2019)

Le morceau d’ouverture impose directement le ton ; pas de pincettes, ni d’entrée en matière, les vibes tribales de The Imposter, promettent un EP dont le rythme risque de vous fendre le crâne en deux. Un morceau qui garanti un voyage auditif à pleine vitesse. La température monte encore d’un cran avec le frénétique Submode, dont le souffle explosif menace de tout balayer sur son passage. Le vocal moqueur de Nasty Business court de façon insolente par dessus l’agressivité des lignes acid. Toute l’ampleur de la tonalité menaçante de ce morceau qui nous nargue du début à la fin se fait sentir pendant le break, nous permettant (brièvement) de reprendre notre souffle, juste avant que le rire démoniaque du vocal ne se fracasse sur la fureur déchaînée du drop. L’exaltant Attitude Of Mind termine ce voyage fiévreux, drainé par le martèlement des kicks et le poids de la bassline ; cette explosion d’énergie risque de mettre les plus aguerris des dancefloors à l’épreuve.

Hadone – Hate After Midnight – Them (20.09.2019)

Après un précédent ep sur le récent label de Morbeck, le producteur français revient sur Them, label londonien, sur lequel on a pu entendre les productions d’artistes comme Hiroaki Iizuka, Scalameriya, ou encore Ansome. L’ep confirme le penchant d’Hadone pour la Rave et les rythmiques effrenées, comme avec Hate After Midnight, track taillé pour mettre le feu au dancefloor, entraîné par le roulement du rythme et la pluie de stabs. Un morceau dont Manni Dee fait ressortir toute la puissance rave avec un remix infernal. Plague Of Intensity s’engouffre sans attendre sur la fastlane de la techno avec ce morceau dont le groove vrombi dès le départ. Le morceau parfait pour filer en sens inverse sur l’autoroute, qui laisse ensuite place au très beau War On Activism. On y retrouve l’habileté du producteur à nous plonger dans des ambiances particulières. Ici l’onirisme de la mélodie plane au dessus d’une rythmique martelée par la profondeur des kicks, un contraste harmonieux pour un rendu d’une magie à la fois brute et fragile.

CONTREFAÇON – Mydriaze Panenka Music (20.09.2019)

On a déjà pu lire beaucoup de comparaisons lorsqu’il s’agit de parler de Contrefaçon, qui reste cependant un projet bien authentique, à l’identité musicale tant que visuelle unique. Les précédentes sorties en donnaient un avant goût prometteur, présentant sans concession un son hybride, fruit bâtard d’une techno shootée à l’acid qui flirterait avec le gabber, nappée de vagues de nostalgie qui sentent bon la French Touch. L’album frappe par la diversité des ambiances, et voyage entre l’agressivité brute et gratuite de Exode, et bien sûr DETER, l’acid saturé dégoulinant de CTRFÇN ou E171, mais aussi des morceaux très doux comme Parade, voire même empreints d’une pop mélancolique (Anticonceptuel) ou plus colorée (Arp). Rajoutez à tout cela la folie névrosée de Destroy et l’épilepsie gabber de Rave à Versailles pour créer cette impression de bordel monstrueux qui donne à l’album ce goût si particulier et salvateur de la fête frénétique et de l’urgence d’en jouir maintenant tout de suite. Un bordel oui, mais un bordel d’une grande cohérence, car l’album porte aussi toute une trame narrative, qui se dessine à travers le court-métrage qui l’accompagne, et qui n’a rien à envier à un Gaspard Noé ou un Romain Gavras (réalisateurs avec lesquels certaines critiques avaient déjà fait un rapprochement). Entre esthétisme de la violence et maîtrise stylisée de la réalisation, le visuel se superpose donc à la musique, les deux s’entremêlent et se complètent. Sur fond de braquage et rythmée par les morceaux de l’album, l’intrigue se déploie sur 20 minutes. Et c’est avec un œil de spectateur mi voyeur mi attendri, qu’on suit les déambulations d’Antoine qui nous entraîne dans ses trips, réels, voire hallucinatoires, entre espoir amoureux, scène de liesse alcoolisées et constats désabusés (« dans la vie faut penser qu’à sa gueule » revient ainsi comme un leitmotiv tout au long du film). Bref, si vous n’avez pas encore saisi le projet en lisant ces quelques lignes c’est normal, CONTREFAÇON ça se regarde et ça s’écoute.

Spit Mask – You May Feel Some Pressure – Aufnahme+Wiedergabe (06.09.2019)


Doit-on vraiment présenter le label de Philipp Strobel ? Aufnahme+Wiedergabe est peut-être le projet le plus punk dans l’âme de la scène électronique actuelle. Loin de se cantonner à la techno le label œuvre pour la pluralité des genres, accueillant ainsi des projets divers, de Boy Harsher à Sarin en passant par S S S S, ou Codex Empire. C’est dans sa ligne la plus brutale et écorchée que se situe Spit Mask, projet inclassable, porté par Bryan et Rachel Jackson. L’esthétisme sonore est à l’image du nom du groupe, « Spit Mask », dispositif utilisé par la police américaine pour empêcher les personnes jugées incontrôlables de leur cracher dessus. Avec ce second album (le précédent, Swallow, était sorti en 2016 sur Clan Destine Records), le duo cultive un son ultraviolent, proche de l’agression auditive, une savante mixture un peu dégueulasse d’humiliation, de haine, de sexe qui éclabousserait les murs de taches du sang noir. Les chants caverneux sont pris dans les filets des machines qui tordent et retordent des sonorités extrêmement agressives trempées dans l’indus. Les morceaux prennent parfois des accents bruitistes (comme sur l’ouverture de Iron Clad Alibi), mais sont toujours enveloppés de tirades punk, voire de cris d’orgasmes (Tighten Up), pour un érotisme un peu crade et dissonant (Puppy). Il y a presque quelque chose de cathartique dans ce déferlement de violence soudaine et incontrôlée. L’album s’écoute avec le plaisir d’une curiosité morbide, comme un film gore qu’on ne pourrait s’empêcher de regarder.

Rhys Fulber – Ostalgia – Sonic Groove (09.09.2019)


Membre de la formation électro-industrielle Front Line Assembly, Rhys Fulber revient pour son deuxième projet solo sur le label de Adam X, qui avait déjà accueilli Your Dystopia, My Dystopia en 2018. Le titre, très évocateur, donne d’emblée quelques clés de lectures avant d’entrée dans le coeur de l’album. L’ostalgie est en effet ce sentiment difficilement compréhensible pour ceux qui n’ont pas vécu la chute de l’URSS, l’effondrement du mur de Berlin, et la découverte d’une nouvelle culture d’une façon si soudaine et violente que les habitants de l’Allemagne de l’est dans les années 90. Le geste artistique de Fulber tente ainsi de recréer ce sentiment de doute, d’instabilité qui pouvait régner à l’époque, et dont parlent encore aujourd’hui certains habitants de la RDA. Tout en convoquant des inspiration idm et ambient, l’album s’ancre dans une tonalité très industrielle, qui nous immerge au coeur des paysages aux décors charbonneux et désolés des restes du communisme. L’album, plongée dans une atmosphère pesante, brille pourtant par sa production, distillant chaque éléments qui attirent alors l’attention de l’oreille ; entre BLEEP, lignes de synthé, ou saturation crissante, comme sur 12 Steppes qui s’ouvre sur un décor sonore aux accents très noise, pour ensuite laisser apparaître quelques lignes de synthé et la pulsation marquée des drums. Précision des kicks, et production chirurgicale, c’est un ensemble qui révèle beaucoup de technicité et crée donc constamment de la surprise : Fountain of National Radio, se termine par exemple sur une envolée harmonique proche de l’orchestration, tandis que le reste du morceau nous immergeait dans une atmosphère désolée, entre indus épurée et ambient. Bref, Rhys Fulber rend ici les atmosphères palpables, comme dans l’apocalyptique Misery Whips qui fait monter en nous un sentiment inconfortable de chaos et d’insécurité, ou le magnifique Apostel, dont l’émotion qui s’en dégage contient quelque chose de grave et de grandiose à la fois. Un très beau Lp donc, aux textures riches et foisonnantes, à écouter attentivement pour ne manquer aucun détails de cette composition minutieuse.

Red Scan – Unstable Mind - Union Trance Mission (18.09.2019)

Fondé par DJ Reiz, ce label au nom évocateur est actif depuis quelques mois, et frappe par la qualité de ses sorties, dont un VA très excitant sorti cet été (Dj Reiz, Toni 3000, Sebsy, HLLW) sur lequel on vous invite vivement à jeter un œil si vous êtes passé.e.s à côté. Un label à suivre de près qui accueille la première release de Red Scan, une figure qui a transité plutôt dans la scène industrielle underground avant de débarquer ici avec un ce projet très rave, alimentant totalement la ligne artistique de Union Trance Mission. L’ep de trois morceaux s’ouvre sur la piqûre addictive de Unstable Mind, dont le rebond du groove sautillant nous prend immédiatement au corps. On se laisse captiver par le charme énigmatique de 4D13M20T, morceau à l’atmosphère hantée sur fond de rythme galopant. L’ep se termine avec le puissant The Future Is Everything , dont le beat martial sonne comme une injonction à entrer dans la Rave.

Kontravoid – Too Deep – Fleisch Records (19.09.2019)

Membre fondateur du groupe de synthpop Parallels, qui fût pendant un temps batteur de Crystal Castles, un des groupe phare de la witch house / synthpunk , Cameron Findlay revient, toujours masqué, avec le deuxième album de son projet solo. Il convoque cet héritage qui surfe entre synthpop et new wave, en n’oubliant pas de napper le tout d’une bonne dose de post-punk qui depuis son premier album (Kontravoid) ne laisse pas indifférents les amoureux de Joy Division. L’album s’ouvre sur des sonorités extrêmement dures, comme toute la saturation crissante qui irrigue Open The Wound, et est parsemé de pièces où la violence de l’ebm froid frappe de façon menaçante (Turn Away, So It Seems Version 2). L’album navigue entre les rythmes écrasants, les beats qui fendent l’air comme des coups de fouets, et les magnifiques arrangements harmoniques, comme la joie insouciante et mélancolique de Too Deep. Mélancolie qui imprègne aussi Cost Of

Life, Distress, ou encore 10000 Voices, magnifique morceau qui clôt cet album sur une douce ascension d’émotion.