About .

Sinners Magazine is an online editorial content dealing with European subcultures and the electronic music scene.
.

Sinners Magazine est un contenu éditorial en ligne traitant des sous-cultures européennes et de la scène musicale électronique.

Contact .
  • Facebook
  • YouTube
  • Instagram
  • Twitter

© 2019 all right reserved to

Sinners Magazine

  • S

I Hate Models : Un superbe clip post-apocalyptique pour illustrer son tout premier album



Le clip vidéo est sans doute le meilleur moyen pour développer ou donner une identité visuelle aux musiciens afin de faire passer des émotions à leur public, créer un univers, raconter une histoire… Bien que l’industrie mainstream l’ait bien compris, la scène Techno a encore des progrès à faire en la matière. Nombreux ont effectivement essayé cet exercice redoutable, mais rares sont ceux qui l’ont poussé à la limite du court métrage, comme c’est le cas ici. Pour illustrer les morceaux Techno, nous sommes habitués à des montages réalisés à partir de vidéos chinées sur YouTube ou tirées d’anciens films / reportages, ensuite synchronisées sur la musique puis modifiées à coup de glitchs, filtres et autres effets visuels. Heureusement pour nous, les choses évoluent petit à petit comme nous le montre ce petit bijou visuel accompagnant le morceau d’ I Hate Models intitulé « Romantic Psycho » révélé à l’occasion de la sortie de son premier album, signé sur le label Perc Trax, le 21 juin prochain.



L’ambiance post-apocalyptique est clairement définie dans le clip. On y voit un personnage hybride qui se lève et regarde ses écrans à 17h30, heure de passage de sa voisine dont il est obsédé. Il s’injecte un liquide qui semble être du phéromone pour pouvoir la séduire et sort de chez lui afin d’offrir une fleur afin de tenter une première approche.

Tout d’abord elle lui sourit puis à la vue de son visage déformé, elle le regarde avec dégoût et rentre chez elle prise de panique. Celui-ci fait de même, se sent triste et se met en colère. En regardant son écran une annonce apparaît “We all can be saved - Contact us” avec la voix d’I Hate Models par dessus.

Suite à cette annonce, une entité étrange se présente et, confus, il prend peur également. Sur un coup tête, le personnage principal boit toute la fiole et s’en va prendre l’air. Sur son chemin il rencontre deux passants qui le reniflent, sentent son taux de phéromones anormalement élevé et dégage l’effet inverse car ils commencent à l’agresser et le dévorer en le laissant pour mort. Vient ensuite sa voisine qui le trouve dans un état pitoyable, prend pitié et le ramène chez lui. En arrivant, elle remarque que son voisin l’espionnait depuis le début grâce aux moniteurs affichant son visage. Prise de colère elle le débranche et s’en va.

Afin d’en savoir plus sur les intentions de ce clip nous avons posé quelques questions à son réalisateur Guerand Retout aka Holy Bottom, dont nous félicitons déjà le travail.


Guérand Retout aka Holy Bottom, réalisateur

Comment se fait il que quasiment personne ne fasse de vrais clips dans la techno actuelle ? Et que penses tu de la scène clips "techno" aujourd'hui ?


Il y a évidemment plusieurs raisons à cela, notamment le coût financier et l’implication humaine que cela nécessite mais en réalité je pense que ce sont des excuses. Il y a une vrai part de responsabilité de la part des producteurs techno et des chaînes YouTube qui relaient le travail des artistes. Ils acceptent trop souvent des « clips » très peu coûteux voir gratuit afin d’illustrer leur musique. Et comme il y a des vidéastes prêt à faire cela uniquement pour la visibilité et bien on arrive à un marché qui se contente de cela car pourquoi payer ? Et c’est l’erreur également de penser que la techno ne devrait être qu’« illustrée », il y a de vrais émotions à faire passer et qui mériterait plus qu’un travail de montage sur des images d’archives ou abstraites. Un clip réalisé, même de manière maladroite, sera toujours plus intéressant car ce sera une création originale, c’est aussi un moyen de développer son univers artistique autrement que par la musique.

La scène actuelle est vraiment trop peu diversifiée dans sa majorité. Combien de clips sont quasi identiques, utilisant tous les mêmes techniques de montages, d’effets kaléidoscopiques et autres. Beaucoup utilisent également les mêmes codes couleurs : noir, blanc et rouge. Je pense que le public devrait être plus difficile aussi, ne pas s’en contenter. Le regard critique est trop souvent inexistant sur des clips parfois très proche de l’amateurisme. Évidemment il y a des exceptions, notamment CONTREFAÇON qui prête une attention toute particulière à ses clips en accompagnant chaque release d’une réelle réalisation soignée. Sinon dans leur domaine, mes collègues Heymes et RIEN . ont réussi à développer leur propre identité et sortir du cliché de vidéo montage classique.


Quelles sont les clés de compréhension du clip ? Et ses influences ?


J’essaie toujours de réaliser en ne donnant justement pas toutes les clés au spectateur. J’aime à penser qu’il faille regarder plusieurs fois une œuvre avant d’en déceler toutes les subtilités. Notamment des détails sur l’univers. Ici on est tout de même pas sur une histoire trop cryptique, l’essentiel des informations sont présentes, notamment via les écrans qui sont le reflet de son inconscient. Et le plus important était de ressentir les émotions que traverse le personnage principal. Je dirais que l’influence principale est Elephant Man de David Lynch en ce qui concerne l’émotion. Et d’un point de vue esthétique on est plus proches d’influences Nippon avec des œuvres comme Akira ou Perfect Blue.


Comment le travail avec l'artiste s'est déroulé et est ce que tu peux nous en dire plus sur le processus créatif autour du clip ?


Alors la première étape c’est toujours une écoute répétée et presque autistique du morceau afin de m’en imprégner. Ensuite I Hate Models m’a décrit en quelques phrases l’intention derrière son œuvre, l’émotion et la vision qu’il en avait. En partant de ça j’ai pensé à trois histoires, quelques lignes, rien de trop développé pour que l’on puisse travailler dessus ensemble. Avec ces histoires on a passé une soirée tous les deux, à réfléchir ,et très vite on est parti sur les grandes lignes de Romantic Psycho. De manière générale nos univers ont tout de suite collés et ça a grandement facilité nos échanges.

Dès que cela était acquis j’ai pu lancer l’équipe technique, notamment mon assistant, mon DA et mon chef opérateur avec pour objectif de tourner dans un mois. Le projet et le scénario ont ensuite évolués en fonction des contraintes et propositions de chacun jusqu’au jour J. Ensuite, ce fut 5 jours à plein régime sur le décor et plus d’une vingtaine de personnes qui ont travaillés sur ce projet. Merci encore à eux.


Y a-t-il des messages cachés dans le clip ?


La science-fiction à cet avantage que l’on peut y insérer des métaphores et y glisser des idées de manière plus subtile. Ici il y a clairement une référence aux problèmes identitaires. C’est un hybride, mi humain, mi « autre-chose » et il est pourtant rejeté de tous, humains et non-humains du fait de sa différence.




Nous sommes donc très impatient d’écouter ce nouvel album L'Âge Des Métamorphoses qui sortira le 21 juin prochain sur Perc Trax.